[ENG/FR] Des fermes verticales dans les villes ? Rencontre avec MicroFlavours

(in English below)

Un article de notre série « Sur le terrain »

Des fermes verticales dans les villes ?

Rencontre avec MicroFlavours :

L’enthousiasme d’une nouvelle génération d’entrepreneurs de l’alimentation

Lorsque l’épidémie de Covid-19 a débuté il y a environ un an, elle a réveillé d’anciennes peurs de pénuries alimentaires et de rupture de la chaine alimentaire. Celles-ci ne se sont pas produites à grande échelle, fort heureusement, mais elles nous ont fait prendre conscience de nos fragilités et de notre dépendance à une chaine d’approvisionnement mondiale. Nous constatons que nos villes manquent cruellement de terres adaptées à la production de leur propre nourriture, alors que la production alimentaire mondiale devrait augmenter de 60% d’ici 2050 afin de répondre aux besoins d’une population urbaine croissante[1]. Conscient de cela, le Green Deal européen de décembre 2019 comprend déjà l’objectif de mettre en place un système alimentaire équitable, durable, sain et respectueux de l’environnement au cœur de sa transition, avec des projets tels que la stratégie « de la ferme à la table » (Farm to Fork) et « l’agriculture durable dans l’UE ». Mais concrètement, comment introduire plus de résilience et de sécurité dans notre système alimentaire ?

Le confinement n’a pas empêché Greentervention d’aller « Sur le terrain » et à la rencontre d’entreprises innovantes en quête de solutions pour une économie plus soutenable. Suite à la rencontre des brasseurs « bio » du Nord de la France, Greentervention poursuit ses rencontres et partage avec vous l’histoire surprenante et inspirante de Dario Vunckx, fondateur de MicroFlavours et de BruFresh Food, start-ups de production et de distribution de plantes et micropousses produites en intérieur au sein de fermes urbaines. Concrètement, quel serait l’apport de ce modèle de production sur la qualité de notre alimentation et notre indépendance alimentaire ? Dans quelle mesure des fermes verticales urbaines hautement intensives en technologie pourraient être « vertes » ? Ces productions pourraient-elles être accessibles à tous ? Quels pays, quelle société auraient intérêt à adapter ce mode de production ? Greentervention pose les points clés du débat pour que chaque citoyenne et citoyen se fasse son avis.


[1] http://www.fao.org/land-water/overview/covid19/homegardens/en/

DECRYPTAGE : De la science-fiction au renforcement de la sécurité alimentaire ?

Des fermes hypermodernes fondées sur l’utilisation de données pour optimiser la production ont récemment gagné en popularité et sont perçues comme des solutions prometteuses pour améliorer la résilience et la sécurité alimentaire des villes. Cependant, s’appuyer sur le progrès technologique pour lutter contre la faim n’a rien de nouveau : les premières tentatives remontent aux moins aux années 1920, avec les travaux du scientifique californien William Frederick Gericke sur les nutriments minéraux et l’hydroponie pour la culture de tomates. Cette quête de la sécurité alimentaire s’est également poursuivie pendant la guerre froide, avec le développement de « système de survie » conçu pour les voyages dans l’espace ou la vie dans les régions polaires. La firme japonaise Hitachi a même construit la première « ferme-usine » tandis que la « ferme verticale » a été conceptualisée par le professeur de santé publique Dickson D. Despommier en 1999. Néanmoins, tous ces projets continuaient de dépendre des variables climatiques (en particulier en termes d’ensoleillement et de température). L’étape décisive n’a pu être possible que dans les années 2000 avec l’innovation et le développement des LED à grande échelle (et la baisse des prix comme corollaire), c’est ainsi que les fermes verticales ont pu se multiplier partout dans le monde.

Des fermes verticales pour tous ?

Sans surprise, les fermes verticales ont d’abord vu le jour dans les pays où les terres sont rares, comme au Japon et à Singapour, tandis que les Etats-Unis et l’UE commencent à rattraper leur retard (par exemple Aerofarm à Newark, dans la région du New Jersey aux Etats-Unis ou Nordic Harvest à Copenhague, Danemark). Cependant, le chemin est encore long avant qu’elles ne puissent pleinement contribuer à nourrir les villes du monde entier. Même au Japon où les fermes verticales sont les plus matures (en raison du lien étroit avec l’industrie japonaise de l’électronique et de l’énergie), leur production alimentaire y représentait 0,6% de la production nationale en 2014. En effet, les fermes verticales nécessitent des investissements massifs de la part d’entreprises en phase d’amorçage, qui ne peinent pourtant pas à attirer les investisseurs privés comme publics (tels que Google Ventures ou la Banque Publique d’Investissement (BPI) en France). Enfin, leur rentabilité repose toujours sur l’acceptabilité de prix plus élevés et de la capacité des consommateurs à les payer.

Avantages et inconvénients

Aussi prometteuses soient-elles, les fermes verticales soulèvent un certain nombre de questions. Les défenseurs de l’agriculture verticale soulignent leurs nombreux avantages, comme la réduction de la consommation d’eau, moins de maladie et de pesticides et rendements élevés sur des surfaces foncières (urbaines) réduites. Néanmoins, sur le plan environnemental, il peut sembler contre-intuitif d’utiliser un éclairage artificiel au lieu de lumière naturelle au regard des efforts actuels pour produire des énergies vertes. Certains acteurs s’efforcent de réintroduire un certain degré de « naturel » (pollinisation utilisant des auxiliaires comme les bourdons ou coccinelles). En outre, n’est-ce pas contradictoire de proposer une agriculture à forte intensité technologique quand une partie des citoyens réclament des villes plus vertes et davantage de nature dans leur vie ? Une telle agriculture pourrait-elle être entièrement « propre » surtout quand la lumière artificielle utilisée pour la production dépend de métaux rares ? Quelle serait l’organisation du travail dans de telles fermes verticales (ingénieurs contre travailleurs non qualifiés, automatisation complète, emploi social) ? Combien d’emplois proposeraient-elles dans un monde qui a envie de travailler ? Elle n’est pas la panacée et différents types de fermes verticales pourraient émerger. Leurs modèles dépendraient de d’une combinaison de facteurs locaux, telles que la rareté des terres et des ressources. Mais certains entrepreneurs sont tout à fait prêts à franchir le cap et considèrent les fermes verticales comme faisant partie des solutions possibles face aux défis de villes plus denses et à la raréfaction des ressources.

Rencontre avec MicroFlavours :

L’enthousiasme d’une nouvelle génération d’entrepreneurs de l’alimentation

Ferme verticale :

Le défi de produire une alimentation locale et rentable

MicroFlavours est né en 2017, de la quête de Dario et de ses cofondateurs pour l’autosuffisance alimentaire… en ville. « L’agriculture verticale intérieure y fait sens » explique Dario, « car la culture de certains produits en extérieur devient difficile dans certaines régions du monde avec le changement climatique. A l’intérieur, tous les paramètres sont sous contrôle : il n’y a pas de mauvaise journée dans une ferme hydroponique, ce qui la rend plus rentable. C’est la prochaine étape logique, car elle est possible dans tous types d’espace, comme un bureau, un entrepôt, un espace de stockage ou encore votre cuisine à la maison. Tout ce dont vous avez besoin est un environnement fermé protégé de la lumière et de la température extérieures, ainsi que du vent ». Quant à la dimension verticale, il s’agit d’une innovation récente – toute agriculture hydroponique n’est pas nécessairement verticale. L’essentiel d’une ferme verticale réside dans la démultiplication des mètres carrés (multipliés par 5 dans le cas de MicroFlavours, par exemple). En effet, un agriculteur traditionnel ne serait pas rentable en ville, mais produire dans une ferme verticale peut l’être. De plus, une ferme hydroponique permet tous types de cultures, sans contrainte de conditions climatiques ; le ralentissement ou l’accélération de la croissance se fait selon les besoins. La ferme verticale pourrait être la solution pour nourrir la ville avec les des aliments produits en ville. « La région de Bruxelles a pour objectif de faire croître 30% de ses aliments dans la région. Nous essayons d’y contribuer ».

MicroFlavours dispose désormais d’un ferme semi-automatisée de 500 mètres carrés à Bruxelles où une variété de micropousses[1] y est cultivée par une petite équipe.  Avant la Covid-19, une partie des employés était recrutée par l’intermédiaire de l’organisation « l’Atelier Groot Eiland VZW » agissant pour l’emploi social et l’insertion des personnes souffrant de handicap physiques ou mentaux légers. Les produits sont ensuite livrés à vélo aux restaurants et commerces dans un rayon de 20 km. Sur un marché très concurrentiel, MicroFlavours se démarque en offrant des produits durables de haute qualité, disponibles tout au long de l’année et surtout un service rapide. La livraison est locale, les chefs peuvent passer leur commande le jour même et être livrés pour le service du soir. Ainsi, avant la Covid-19, MicroFlavours livrait un total de 120 restaurants dans les alentours de Bruxelles. Mais avec le confinement, beaucoup d’eux ont fermé et MicroFlavours s’est réinventé pour maintenir son activité en fournissant des supermarchés grand public tels que Delhaize et Carrefour à Bruxelles.

Agriculture durable: cinquante nuances de Vert?

Comme dans toute industrie, le caractère durable du secteur agroalimentaire se décline en plusieurs nuances de vert. La Belgique ne compte pas moins de dix fermes verticales, toutes ayant leurs propres méthodes de production. Parmi elles, MicroFlavours se classe deuxième en termes de taille. Mais sa compétitrice la plus proche est une serre néerlandaise de 40000 mètres carrés, juste à côté de la Belgique. Les fermes verticales s’efforcent d’être plus durables que l’agriculture sous serre et MicroFlavours fait un pas de plus pour réduire l’impact du transport, l’un des facteurs les plus importants quand on parle de durabilité. Alors que la serre des Pays-Bas livre ses produits – de même que ses émissions de GES – dans toute l’Europe, MicroFlavours livre directement ses clients à vélo, réduisant à la fois son impact sur la circulation et le nombre d’intermédiaires (il est important de rappeler que chaque étape de la chaîne d’approvisionnement augmente le gaspillage alimentaire).

Cependant, Dario explique que contrairement à l’agriculture sous serre et bien que MicroFlavours n’utilise ni OGM ni pesticides, son produit ne dispose pas du label « bio » et ne peut donc accéder à ce marché en Europe. La raison en est qu’en Europe le label « bio » est réservé à la production en sol, contrairement aux États-Unis par exemple[2]. Il faut aussi noter que le label « bio » ne prend pas compte d’autres dimensions de la soutenabilité, comme l’efficacité énergétique, les conditions de travail socialement responsables, l’emballage durable ou le transport jusqu’à la « fourchette ».  « Le label « bio » va dans la bonne direction, mais ce n’est pas la solution pour une production agricole durable », note Dario. « L’industrie a besoin de plus de volumes, de plus d’intervenants. L’Europe devrait donc se pencher sur le label « bio » et en redéfinir ses normes : quels types de production, telles que l’agriculture verticale, devraient être classés comme durables ? Voulons-nous vraiment que des produits provenant du monde entier soient disponibles dans nos supermarchés ? Et les consommateurs doivent être informés des conséquences de leurs choix ».

L’emballage est un autre domaine qui fait souvent l’objet de débats et où la durabilité ne va pas de soi. Après avoir testé toutes les alternatives, du carton au bambou, en passant par le plastique traditionnel, MicroFlavours utilise désormais 70% d’emballages PET recyclés. En effet, les micro-pousses sont très fragiles et ont besoin d’un emballage protecteur pour assurer leur fraicheur – elles sèchent en 3 jours avec certains matériaux, tandis que le plastique conserve leurs fraicheurs pendant 10 jours. Aujourd’hui, le plastique est également moins cher, grâce à un recyclage relativement efficace, tandis que le bambou coûte 5 fois plus cher. Cependant, la législation de l’UE a également des implications car elle ne permet pas l’utilisation de tout type de matériau. Le PLA, un bioplastique produit à partir d’amidon végétal fermenté est de plus en plus populaire mais reste imparfait : il n’est pas cultivé en Europe, car des OGM sont utilisés dans son processus de production, et l’agriculteur l’utilisant en emballage perd son label « bio ». « Alors, couper les forêts tropicales pour ce type de plastique est-il un bon compromis ? » demande Dario.

Défis passés, actuels et futurs

Des jeunes gens un peu trop « rock and roll » pour un marché traditionnel, Dario et ses partenaires n’ont pas eu l’impression en débutant d’être dans l’environnement le plus favorable aux entrepreneurs et se sont vus confrontés à des lourdeurs administratives et risques inhérents aux start-ups. Dario poursuit : « On ne peut pas être vert dès le premier jour, c’est un processus. Les lampes utilisées au début étaient très énergivores, pas durables. Mais c’étaient les seules que nous pouvions nous offrir à l’époque ». Ils ont fait beaucoup de chemin depuis et l’ampleur des défis croît à mesure qu’ils se développent. « La sécurité alimentaire est très réglementée ; par exemple, fournir Delhaize a nécessité de mettre en place une énorme procédure dans laquelle nous avons investi beaucoup de temps et d’argent. Cela rend notre process beaucoup moins flexible/léger que souhaité et les risques sont énormes pour les start-ups. Un rappel de produit, par exemple, frapperait durement une start-up ».

Ayant tiré les leçons des erreurs courantes commises par les jeunes entreprises, et après avoir survécu à la crise de la Covid-19 qui les a frappés si tôt dans leur processus de développement, MicroFlavours et sa start-up sœur BruFresh Food sont très fières et optimistes quant à leur avenir. MicroFlavours a terminé deuxième du concours EIT[3] pour les start-ups les plus innovantes dans le domaine de la foodtech, organisée par l’UE à Stuttgart l’année dernière. Maintenant, l’objectif est d’investir afin d’augmenter les volumes et la rentabilité. Ils convoitent désormais Anvers, prochaine ville à conquérir.

Pour ce qui est d’envoyer un message aux consommateurs et aux décideurs européens, Dario déclare à Greentervention : « l’Europe devrait promouvoir la production locale pour une consommation locale. L’enjeu est de savoir comment nourrir l’Europe en 2050. Les financements devraient être consacrés à l’innovation dans la production alimentaire et l’agriculture au niveau de chaque Etat, avec par exemple des fermes entièrement automatisées. A partir des travaux de recherche, des analyses de rentabilité pourront être tirées. Et dans l’état actuel des choses, trop d’argent est consacré à l’agriculture traditionnelle, ce qui ne serait probablement pas le mode de production privilégié dans 50 ans ».


[1] Elles sont à leur première étape de développement, après la germination et la formation des deux premières feuilles. La plante est encore de très petite taille, mais elle est très dense en saveur et en nutriment.

[2] Voir https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/download/publication/publie/Ana141/Analyse_1411907.pdf, p. 2.

[3] L’Institut Européen d’Innovation et de Technologie (EIT – European Institute of Innovation and Technology) est un organisme de l’UE crée en 2008 pour renforcer la capacité d’innovation de l’Europe. L’IET fait partie intégrante d’Horizon 2020, le programme-cadre de l’UE pour la recherche et l’innovation. https://eit.europa.eu/who-we-are/eit-glance


Urban vertical farms

Meeting MicroFlavours

When Covid-19 started roughly a year ago, it awakened old fears of food shortage and food supply disruption. Thankfully, these didn’t occur on a large scale, but this experience made us more aware of our fragilities. We realized how we depend on a global food supply chain and how our cities blatantly lack clean lands to produce food for themselves while food production is expected to rise by 60% by 2050 in order to meet the needs of an increasing population[1]. The European Green Deal of December 2019 also puts the goal of making food systems fair, sustainable, healthy and environmentally-friendly at the heart of its transition, with projects such as “Farm to Fork strategy” and “sustainable agriculture in the EU”.

But in concrete terms, how can we introduce more resilience in our food system?  The lockdown did not stop Greentervention from going ‘On the ground’ and connecting with innovative businesses looking for answers to this question. After meeting organic brewers in the North of France, Greentervention continued its adventure and heard the surprising and inspiring story of two start-ups producing and distributing microshoots, MicroFlavours and BruFresh FOOD, first-hand from their young founder, Dario Vunckx. Their innovative project raises a number of questions: how would these farms contribute to the quality of food and food resilience? To what extent are high-tech urban vertical farms “green”? Could these methods of production be accessible to all? What countries, what society would be interested in adopting this model? Greentervention presents you with key aspects of the debate so that each citizen can form his or her opinion.


[1] http://www.fao.org/land-water/overview/covid19/homegardens/en/

DECYPHERING THE ISSUE

Urban vertical farms

From science fiction to food resilience?

Hypermodern and data-driven vertical farms have become increasingly popular lately and are perceived as very promising for improving food resilience of cities. However, relying on high tech to fight against hunger is not new: the first attempts dated back to the 1920s with Californian scientist William Frederick Gericke’s work on mineral nutrients and hydroponics to grow tomatoes. And this quest for food safety also continued during the cold war with the development of “life support systems” for space travel or life in polar regions. Japanese firm Hitachi even built the first “plant factory” while the “vertical farm” was conceptualised by public health professor Dickson D. Despommier in 1999. Nevertheless, none of these projects fully broke from their reliance on climate variables (in particular sunshine and temperature). It was only in the 2000s when the LED lighting innovation (and the consequent decrease in price) allowed vertical farms to make a decisive step and multiply throughout the globe.

Vertical farms for all?

Unsurprisingly, vertical farms first started in places where the land is scarce, such as Japan and Singapore, while the US and the EU are catching up recently (e.g. Aerofarm in the Newark region, New Jersey, United States or Nordic Harvest in Copenhagen, Denmark). However, there is still some way to go before they can completely contribute to feeding cities around the world. Even in the case of Japan, where vertical farms are the more mature (due to the strong connection to the Japanese industry of electronics and energy), food production from vertical farms was at 0,6% of national production in 2014. Indeed, vertical farms still require massive start-up investments although they did manage to attract both public and private investors (e.g., Google Ventures or the French public investment bank (“BPI”)) and their profitability still relies on consumers’ acceptance and ability to pay higher prices.

Pros and cons

However promising, vertical farms still raise a number of questions. Vertical farming proponents emphasize several benefits of hydroponics, such as lower water consumption, less disease and pesticides, higher yields on smaller (urban) land surfaces.  Nevertheless, it might seem counter-intuitive to use artificial lighting instead of using natural sunlight with regards to current efforts to save energy and produce green energies. This may led some players to reintroduce a certain degree of natural mechanisms (pollination using bumblebees, ladybugs). Moreover, Is it not contradictory to offer a technology-intensive agriculture, when some might ask for greener cities and more nature in their environment? Could it be fully “clean”, especially when using artificial lightning that relies on rare earth metals? What type of labour system would exist in such vertical farms (engineers vs unskilled workers, full automation, social employment model?) and how many jobs could they provide in a world craving for work? There is probably no “one size fits all” answer and different models of vertical farms would emerge and they would adapt to the combination of scarcity of lands and resources that affect various regions of the world. But some entrepreneurs are definitely willing to take the leap as they see vertical farming as one of the solutions to the challenges of scarcer resources in denser cities.

Meeting MicroFlavours:

The enthusiasm of a new generation of food entrepreneurs

Vertical Farms:

Producing food locally and profitably

Since 2017, MicroFlavours grew out of Dario and co-founders’ quest for self-sufficiency in food…while living in the middle of town. “Growing vertically and indoors makes sense,” explains Dario. “Going indoors makes sense because climate change makes farming certain products outdoors difficult in certain parts of the world. Indoors, you can control every parameter: there’s no bad day at the indoor farm, which makes it more profitable. This is the normal next step, and it can be done in every kind of space. It can be done in an office room, warehouse, storage space, the kitchen at home. All you need is a closed environment protected from external light, external temperature, and wind.” As for the ‘vertical’ part, it’s a recent innovation – not every indoor farm is vertical. The key is that in a vertical farm, each squared meter of space can become multiple, (e.g. 5 times in the case of MicroFlavours). Becoming a traditional farmer would not be profitable within the city, but vertical farming can be. What’s more is, when you build the farm indoors, you can grow any kind of crop that normally you wouldn’t be able to grow in the particular climate, and you can slow down and speed up the growth as needed. It can be the solution to feed the city with food grown in the city. “The Brussels region has the goal of growing 30% of its food in the region. We try to contribute to this.”

MicroFlavours now has a 500 squared meter semi-automated farm in Brussels, where they grow a variety of microshoots[1] with a lean team. Pre-Covid, part of the labour was sourced from a social employment organisation, Atelier Groot Eiland VZW, which provides work for people with light physical or mental disabilities. The products are then delivered by bicycle to restaurants and shops in a 20km radius. In a competitive market, MicroFlavours differentiates itself with offering high quality sustainable products, year-round availability and rapid service – because it delivers locally, chefs can put in orders the same day and still have them delivered in time for dinner. Before Covid hit, they were delivering to a total of 120 restaurants around town, but with the lockdown many of them closed and MicroFlavours reoriented itself to keep the business running by becoming suppliers of mainstream supermarkets such as Delhaize and Carrefour in Brussels.

Sustainability: not all greens are made equal

As in every industry, also in food production sustainability comes in many shades of green. MicroFlavours is the second largest of fewer than ten vertical farms in Belgium and each one has a different method, but the closest competition comes from a 40,000 squared meter greenhouse just next door in the Netherlands. Vertical farming strives to be more sustainable than greenhouse farming, and MicroFlavours goes one step further by reducing transport, one of the biggest factors impacting sustainability. While the greenhouse in the Netherlands delivers its products – and all the GHG emissions along with it – all over Europe, MicroFlavours delivers directly to its customers by bicycle and thus has minimal impact on traffic and one fewer intermediary (it’s important to remember that every step in the supply chain increases food waste).

Dario explains that unlike greenhouse farming and despite the fact that MicroFlavours does not use GMOs or pesticides, its product cannot be labelled ‘organic’ and could not access the large market that goes with it in Europe. The reason is that the European organic label is restricted to in soil production, contrary to the US for example[2]. Moreover, it is noteworthy to mention that the organic label does not look at other dimensions of sustainability such as energy efficiency, greenhouse gas emissions, socially responsible working conditions or sustainable packaging and if transport is done from the farm to the “fork”: it looks only at the use of fertilizers and GMOs. “The organic label is a good step forward but it’s not the solution to sustainable food production,” notes Dario. “The industry needs more volume, more players. So Europe should look into the organic label and reset the standards: which kind of production methods, such as vertical farming, should be categorized as sustainable? Do we actually want products from all over the world to be available in our supermarkets? And consumers need to be informed about the impacts of their choices.”

Packaging is another commonly debated area where being sustainable is not so straightforward. After having tried everything from cardboard to bamboo to traditional plastic, MicroFlavours now uses 70% recycled PET packaging. Micro-leaves are very fragile, and need protective packaging to stay fresh – some materials let them dry out in 3 days, while plastic keeps them fresh for 10 days. Plastic is also cheaper today, thanks to relatively efficient recycling, while bamboo is 5 times more expensive. However, EU legislation also has its implications as it doesn’t allow every kind of material to be used. PLA, an increasingly popular bioplastic produced from fermented plant starch, has its own issues: it’s not grown in Europe, because GMOs are used in the process, and using it in packaging makes the food producer lose the organic label. “So, is cutting down rainforests to grow this kind of plastic a good trade-off?” asks Dario.

Challenges, past and future

At the start, Dario and his co-founders felt did not felt in their place. Being young, being a bit too ‘rock and roll’ in a traditional market, being located not in the most entrepreneur friendly country and facing a lot of bureaucratic red tape and the accompanying risks – these were only just a few of the challenges that Dario faced at the start. “You can’t be green from day one. It’s a process. The lamps we used at the beginning were high-consuming old lamps – not sustainable. But they were the only ones that could be afforded at the time.” They have come a long way since then, and the scale of the challenges grew in proportion. “Food safety is highly regulated; for instance, selling to Delhaize involved a huge procedure in which we invested a lot of money and time. This makes our process less flexible/lean than we’d like, and the risks for a start-up are huge. A product recall, for instance, would hit a start-up hard”.

Having learned from some common start-up mistakes and survived the Covid crisis so soon after their launch, MicroFlavours and sister start-up BruFresh FOOD are very proud and hopeful about the future of their business. MicroFlavours finished second in an EIT[3] competition for innovative foodtech start-ups held in Stuttgart last year. Their goal is now to invest to be able to grow higher volumes with increased profitability, and they have their eye on Antwerp as the next city to be conquered. As for sending a message to European consumers and decision-makers, Dario tells Greentervention, “Europe should be promoting local production for local consumption. The question is how to feed Europe in 2050. Money should be dedicated at each country level to innovation in food production and farming, e.g. fully automated farms. From such research studies, there will be business cases. As it is, too much money goes into traditional farming, which will likely not be the way it is done in 50 years.”


[1] The first stage of the plant after germination where the first two leaves have formed, when the plant is still very small but very dense in flavour and nutrients.

[2] https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/download/publication/publie/Ana141/Analyse_1411907.pdf, see p. 2.

[3] The European Institute of Innovation and Technology (EIT) is an EU body created in 2008 to strengthen Europe’ ability to innovate. The EIT is an integral part of Horizon 2020, the EU’s Framework programme for research and innovation. https://eit.europa.eu/who-we-are/eit-glance

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